Faut-il vendre son or maintenant ? Ce que cache la récente chute des cours
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En France, la vente d'or est soumise à deux régimes fiscaux.
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En France, la vente d'or est soumise à deux régimes fiscaux.
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Le cours de l'or se ressaisit légèrement ce mardi. Après avoir dégringolé de 2,5% la veille, et de plus de 23% depuis son pic du 26 janvier (3 800 euros l'once), le métal précieux s'échange aujourd'hui autour des 3 650 euros l'once, porté par un rebond technique et des investisseurs attirés par ce nouveau point bas.
D'où vient ce coup de froid sur l'or depuis quelques semaines ? Première explication, il ploie sous la concurrence toujours plus forte du dollar et des bons du Trésor américain. Dans ce cas, les investisseurs préfèrent toujours placer leur argent sur la dette américaine, un placement sans risque qui rapporte immédiatement du rendement, contrairement à l'or.
La montée en flèche des taux obligataires et du dollar « augmente non seulement le coût d'opportunité lié à la détention d'or (c'est-à-dire le manque à gagner par rapport à la détention d'un autre actif, NDLR), qui ne rapporte aucun rendement, mais rend également ce métal précieux libellé en dollars américains plus onéreux pour les détenteurs d'autres devises », résume Fiona Cincotta, analyste pour la plateforme Forex.com.
Une situation similaire s'était par exemple produite il y a quarante cinq ans. En janvier 1980, l'or avait atteint un sommet historique à la suite du second choc pétrolier et des tensions géopolitiques. Pour stopper l'inflation, la Fed avait brutalement augmenté ses taux directeurs jusqu'à près de 20 %. Les rendements des bons du Trésor américain sont devenus extrêmement attractifs, et le dollar s'est envolé.
Un autre moteur à la vente vient de Chine. Premiers consommateurs et acheteurs d'or au monde, les Chinois réalisent leurs transactions en général juste avant la période des congés nationaux (appelée la Golden Week), début octobre. Ne pouvant pas intervenir sur les marchés pendant une semaine en cas d'événement géopolitique ou économique, de nombreux traders chinois préfèrent vendre une partie de leur or avant la fermeture, pour sécuriser leurs gains.
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Autrement dit, les actifs refuges se livrent une forte concurrence. La devise américaine, les obligations d'Etat et le métal jaune sont tous trois prisés en temps d'incertitudes.
Face à une inflation galopante provoquée par la crise au Moyen-Orient, nombre d'investisseurs anticipent un nouveau tour de vis monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) d'ici la fin de l'année.
Résultat, en France, face à la hausse des prix du carburant et la vie chère, nombre de détenteurs d'or choisisse ce pallier pour vendre. « Bagues héritées, chaînes de baptême, pièces anciennes ou bijoux démodés deviennent une source de liquidités immédiate pour faire face aux fins de mois », observe le réseau des agences Or en Cash.
« Les profils des vendeurs évoluent eux aussi. Aux côtés des retraités et des familles confrontées à des difficultés ponctuelles, de nouveaux publics apparaissent : jeunes actifs, trentenaires qui financent un projet ou se constituent une épargne, héritiers qui choisissent de valoriser des bijoux sans usage », ajoute-t-il.
En France, la vente d'or est soumise à deux régimes fiscaux : par défaut, la Taxe Forfaitaire sur les Métaux Précieux (TMP) applique un prélèvement de 11,5 % sur le montant total de la vente d'or d'investissement (ou 6,5 % pour les bijoux et objets précieux de plus de 5 000 euros). Ou, sur présentation d'un justificatif d'achat nominatif et daté, le régime des plus-values réelles (36,2 %).
Mais, en restant patient, la vente d'or pourrait encore plus devenir une bonne affaire. Actuellement, il s'agirait simplement d'un réajustement de marché à court terme. Une étude de la banque UBS, citée par BFM Bourse, anticipe l'once d'or à 4.600 dollars à fin 2026 et à 5.400 dollars à fin 2027. Idem pour la banque Goldman Sachs qui mise sur une détente sur les taux d'intérêt décidée par la Fed qui veillera à ne pas étouffer l'investissement en pleine frénésie pour l'IA et à encourager l'emploi.
JP Morgan s'attend même à un franchissement des 5 000 dollars l'once dès la fin 2026 (environ 4 410 euros l'once), pour atteindre plus de 6 200 dollars à l'horizon 2027 (environ 5 470 euros l'once).
« Par le passé, l’or a réagi à des événements non monétaires, tels que les attentats du 11 septembre ou le vote en faveur du Brexit. Les évolutions récentes montrent cependant qu’il réagit particulièrement fortement aux menaces pesant sur la sécurité du système financier (...) La soutenabilité budgétaire de la dette fédérale américaine se détériore. Parallèlement, les États-Unis s’éloignent de leur rôle traditionnel de garant de la sécurité et de la stabilité mondiales. Cette évolution conduit également les banques centrales et les investisseurs à accroître leurs avoirs en or », analyse aussi Claudio Wewel, stratégiste changes chez Bank J. Safra Sarasin.
Les « pics » du cours de l'or
21 janvier 1980 — Second choc pétrolier : 850 dollars l'once (~600 €)
6 septembre 2011 — Crise des dettes souveraines : 1 921 dollars (~1 370 €)
7 août 2020 — Pandémie de Covid-19 : 2 075 dollars (~1 750 €)
8 mars 2022 — Déclenchement de la guerre en Ukraine : 2 070 dollars l'once (~1 900 €)
30 octobre 2024 — Dédollarisation & baisses de taux : 2 784 dollars once (~2 560 €)
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26 janvier 2026 — Sommet absolu historique : ~4 300 dollars l'once (~3 800 €)
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