Satellites : le patron de l'Agence spatiale européenne met en garde contre une pénurie de lanceurs

Le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher.
DR ESA

Le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher.
DR ESA
« L'Europe va connaître une pénurie de lanceurs autour de 2030 », met en garde le directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, ce lundi 10 août.
« Si nous additionnons tous les satellites qui doivent être lancés dans le cadre des constellations et missions actuelles et prévues (...), nous constatons un pic des besoins de lancement autour de 2029, 2030 et 2031 », a-t-il déclaré dans un entretien au Financial Times.
L'Europe prévoit de multiplier les lancements dans les prochaines années pour ses grands programmes spatiaux : le déploiement de la constellation de communications sécurisées Iris² doit commencer en 2029.
Galileo, le système de navigation par satellite, doit être étoffé tout comme le programme d'observation de la Terre, Copernicus. Plusieurs pays européens, l'Allemagne en tête, préparent leurs propres constellations, à des fins civiles ou militaires.
Cette hausse de la demande survient alors que l'Europe dispose d’une capacité de lancement encore limitée. Ariane 6, la nouvelle fusée lourde européenne, monte progressivement en cadence, tandis que le lanceur léger Vega C a repris ses vols fin 2024.
L'Europe avait perdu son accès autonome à l'espace pendant près d'un an après le dernier vol d'Ariane 5 en juillet 2023, avant le premier vol d'Ariane 6 en juillet 2024.
En 2025, l'Europe a effectué sept lancements — quatre avec Ariane 6 et trois avec Vega C, selon le site de l'ESA. À titre de comparaison, SpaceX a effectué 170 lancements l'an dernier, mettant en orbite quelque 2 500 satellites, selon l'autorité américaine de l'aviation (FAA).
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Le risque de pénurie survient au moment où l'Europe cherche à renforcer son autonomie spatiale face aux États-Unis, tandis que la Chine a de son côté massivement développé ses capacités de lancement et ses infrastructures orbitales.
« Nous devons nous assurer que nous pouvons lancer nos satellites avec des lanceurs européens », a souligné Josef Aschbacher.
Cette mise en garde intervient à quelques semaines du sommet spatial international de Paris, les 9 et 10 septembre, qui réunira à l'initiative de la France et de l’Allemagne les principales puissances spatiales et les acteurs privés pour réfléchir aux moyens de garantir l'accès à l’espace et d'adapter les règles à l'essor des nouvelles activités spatiales.
(Avec AFP)