Afrique
Kenya
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Classement 2026
106/ 180
Score : 50,51
Indicateur politique
107
40,21
Indicateur économique
133
34,40
Indicateur légal
103
54,90
Indicateur social
95
57,58
Indicateur sécuritaire
104
65,46
Classement 2025
117/ 180
Score : 49,41
Indicateur politique
130
35,91
Indicateur économique
146
31,83
Indicateur légal
93
59,80
Indicateur social
115
53,12
Indicateur sécuritaire
108
66,39

Le respect de la liberté de la presse reste fortement dépendant du contexte politique et économique au Kenya. L’assassinat, en octobre 2022, d’un journaliste pakistanais confirme les problèmes de sécurité auxquels font face les professionnels des médias dans le pays.

Paysage médiatique

Avec plus de 100 stations de radio et près de 50 chaînes de télévision, le secteur audiovisuel kényan est riche et pluraliste. L’entreprise Royal Media Services domine le marché avec 14 radios et trois chaînes de télévisions, Citizen TV et Kameme TV étant les plus populaires. Le secteur de la presse écrite est beaucoup moins développé, avec seulement quatre quotidiens d’information généralistes sur le marché, dont le Daily Nation, le plus lu dans le pays. Le groupe de presse Nation Media Group domine le paysage journalistique au Kenya et en Afrique de l’Est. 

Contexte politique

Une grande partie des médias appartiennent à des responsables politiques ou à des proches du pouvoir. L’élection, en août 2022, de William Ruto à la tête du pays a symbolisé le début d’une période difficile pour la presse. Des responsables de grands groupes de presse comme Nation Media Group et d’importants médias comme Daily Nation ont été licenciés à cause de pressions politiques. Les autorités peuvent influencer les nominations des responsables de médias et celles de l’organe de régulation des médias, une autorité présentée comme indépendante, qui dépend en réalité directement de l’État. Cette forte présence du pouvoir politique génère de l’autocensure.

Cadre légal

La liberté de la presse est consacrée par la Constitution de 2010, mais il existe de nombreuses dispositions remettant en cause ces principes fondamentaux parmi la vingtaine de textes et de lois régissant l’exercice du journalisme au Kenya. La loi sur la cybercriminalité adoptée en 2018 prévoit, par exemple, jusqu'à 10 ans de prison et 40 000 euros d’amende pour la diffusion de “fausses nouvelles” susceptibles d’inciter à la violence. L'accès aux informations publiques reste très difficile malgré la promulgation d’une loi sur le sujet. 

Contexte économique

Depuis 2023, l’État incite les institutions gouvernementales à attribuer la publicité aux plateformes numériques, tout en laissant en suspens ses impayés aux médias pour des services de publicité. En 2024, trois des quatre chaînes de télévision du groupe Standard (KTN NewsKTN BurudaniKTN Farmers TV) et la Radio Vybez ont dû fermer, et d’autres médias ont réduit drastiquement leurs activités. Le grand groupe privé Nation Media Group a dû licencier 180 personnes en juin 2024. Les entreprises privées utilisent parfois la publicité et le financement comme un levier de pression. 

Contexte socioculturel

L’appartenance ethnique, souvent associée au positionnement politique, pèse encore sur l’exercice du journalisme dans le pays. Elle peut être à l’origine de promotion ou de mise à l’écart dans certaines rédactions. Certains sujets relatifs à la sécurité nationale, au terrorisme, à la religion ou encore aux trafics de drogue, d'armes et d'êtres humains sont très sensibles, et les journalistes qui les ont abordés ont parfois dû demander une protection. 

Sécurité

L’assassinat en octobre 2022 du journaliste pakistanais de renom Arshad Sharif a remis la question de la sécurité des journalistes sur le devant de la scène. Les différentes enquêtes sur ce meurtre sont marquées par une opacité empirée par l’absence d’accord d’entraide judiciaire entre le Kenya et le Pakistan. Les arrestations arbitraires et les violences policières contre les journalistes sont monnaie courante au Kenya, particulièrement lors de manifestations anti-gouvernementales. Les campagnes électorales sont aussi l’occasion d’une forte recrudescence des exactions : agressions physiques – tant par les forces de sécurité que par la population –, campagnes d’intimidation, menaces publiques de la part d'hommes politiques… Ces attaques s’exercent en toute impunité.

Exactions en temps réel au Kenya

Baromètre
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0 collaborateurs des médias
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0 journalistes
0 collaborateurs des médias
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