Classement 2026
150/ 180
Score : 33,50
Indicateur politique
133
31,96
Indicateur économique
168
24,28
Indicateur légal
172
19,44
Indicateur social
173
21,06
Indicateur sécuritaire
95
70,76
Classement 2025
152/ 180
Score : 32,62
Indicateur politique
161
20,63
Indicateur économique
170
22,34
Indicateur légal
169
20,95
Indicateur social
174
19,16
Indicateur sécuritaire
83
80,00

Il y a un quart de siècle, le Bhoutan était l'un des derniers pays au monde à autoriser la télévision et Internet. Aujourd'hui, ce royaume himalayen d'un peu plus de 780 000 habitants, fait face à de multiples défis notamment en ce qui concerne son paysage médiatique, marqué par un manque d’indépendance. 

Paysage médiatique

L’ouverture du pays et sa transition démocratique, amorcées au mitan des années 2000, se sont accompagnées de l'émergence d’une presse privée autour de titres comme The Bhutan TimesThe Bhutanese ou Bhutan Observer. Le principal quotidien du pays, Kuensel, publié en dzongkha et en anglais, est détenu à 51 % par l’État. L’audiovisuel d’État, le Bhutan Broadcasting Service, ne bénéficie pas d’un statut propre assurant son indépendance éditoriale. La sphère numérique, pour sa part, est en pleine expansion, et l’information circule de plus en plus sur les blogs et les réseaux sociaux. 

Contexte politique

Le royaume himalayen est gouverné par la dynastie bouddhiste des Wangchuk depuis 1907. La monarchie constitutionnelle du Bhoutan a été instituée par la Constitution de 2008, qui proclame la liberté de la presse. Cependant, l’alternance entre les différents partis politiques ne semble avoir aucun impact sur l’état de la liberté d’informer dans le pays, où l’autocensure reste omniprésente. 

Cadre légal

La loi sur la communication et les médias de 2018 a réaffirmé les pouvoirs du régulateur, la Bhutan InfoComm and Media Authority (BICMA), dont les cinq membres sont directement nommés par le gouvernement. Les journalistes bhoutanais déplorent également les difficultés d’accès aux informations publiques ou gouvernementales, qui, à terme, privent la population d’informations d'intérêt public. Plusieurs cas de plaintes en diffamation, ainsi que la loi sur la sécurité nationale – qui punit tout propos susceptible de créer “incompréhension ou hostilité entre le gouvernement et le peuple” –, demeurent des freins très importants au libre exercice du journalisme. 

Contexte économique

Les publications privées survivent dans un contexte économique difficile, avec un lectorat relativement faible et des annonces publicitaires insuffisantes. Les revenus publicitaires distribués par les organismes publics sont majoritairement alloués aux médias publics. En 2012, le gouvernement a été accusé, en 2012, d’avoir réduit ses dépenses publicitaires accordées à l'hebdomadaire The Bhutanese en représailles à un article recensant des cas de corruption, ce qui a servi d’avertissement à l’ensemble des médias.

Contexte socioculturel

Au pays du “bonheur national brut”, l’autocensure est l’un des principaux problèmes : nombre de journalistes n’osent pas couvrir les questions qui pourraient être jugées sensibles par crainte d’apparaître comme un élément contestataire de l’ordre social. Les journalistes étrangers qui se rendent au Bhoutan ne sont pas autorisés à réaliser des reportages indépendants, en particulier dans les districts du sud, autrefois dominés par les Lhotshampa, une minorité népalophone dont la situation est très peu évoquée dans les médias. Plus de 100 000 membres de cette communauté avaient été chassés du pays entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. Au moins une trentaine de prisonniers politiques, issus principalement de cette minorité, sont toujours détenus dans les prisons du pays, certains depuis plus de trois décennies. 

Sécurité

Les journalistes sont rarement visés par des menaces physiques. Toutefois, avec le développement des réseaux sociaux, celles et ceux qui publient des enquêtes ou des articles qui dérangent peuvent faire l’objet de campagnes de harcèlement en ligne lancées par des militants politiques, qui mêlent désinformation, diffamation et attaques personnelles ou racistes. Exemple emblématique, la journaliste indépendante Namgay Zam, ancienne présentatrice de la chaîne de télévision publique BBS, a quant à elle été accusée, en 2016, de diffamation en représailles de son enquête sur un éminent homme d'affaires.