Amériques
Salvador
-
Classement 2026
143/ 180
Score : 38,88
Indicateur politique
156
22,21
Indicateur économique
103
38,46
Indicateur légal
132
44,84
Indicateur social
132
43,85
Indicateur sécuritaire
133
45,04
Classement 2025
135/ 180
Score : 41,19
Indicateur politique
157
23,95
Indicateur économique
92
41,11
Indicateur légal
129
47,20
Indicateur social
130
46,26
Indicateur sécuritaire
124
47,40

Les médias comptent parmi les victimes de la violence généralisée qui règne au Salvador. La profession est marquée par le harcèlement des médias critiques du gouvernement, ainsi que par la criminalisation des journalistes couvrant les questions de sécurité et des gangs. Ce qui a entraîné, ces dernières années, le déplacement et l'exil de journalistes et de rédactions entières, avec des répercussions directes sur la couverture médiatique à l'intérieur du pays. 

Paysage médiatique

Le paysage médiatique salvadorien offre une certaine variété, entre les médias traditionnels, pour la plupart issus de la presse écrite (El Diario de Hoy, La Prensa Grafica, El Mundo), les chaînes d’information et les radios. Ces dernières années ont vu l’émergence de médias numériques, dont beaucoup se consacrent au journalisme d’investigation, tels que El Faro et Factum. Une partie de la presse indépendante opère depuis l'exil ou avec des équipes déplacées. Avec des fonds publics, l'exécutif du président Nayib Bukele gère des médias tels que le quotidien El Salvador et le programme d’information Noticiero El Salvador Canal 10, dédiés à la diffusion de la communication officielle.

Contexte politique

Depuis son accession à la présidence en juin 2019, le président Nayib Bukele, qui a entamé son deuxième mandat en 2024, attaque et menace les journalistes critiques de son gouvernement. Les médias font face à de fortes restrictions dans l’accès à l’information, dans un climat marqué par le harcèlement en ligne, la surveillance et l’autocensure. Certains journalistes ont confirmé avoir été ciblés par le logiciel espion Pegasus. Le gouvernement a renforcé son emprise sur l’espace informationnel, s’appuyant sur un appareil de communication centralisé et des discours hostiles à la presse relayés sur les réseaux sociaux, qui sont devenus un instrument essentiel du pouvoir exécutif.

Cadre légal

Au Salvador, la liberté d’expression est garantie par la Constitution, ce qui n’a pas empêché le président de déclarer confidentielles toutes les informations sur les dépenses publiques depuis la pandémie de Covid-19. Deux lois renforcent le contrôle de l’État : la loi sur la cybersécurité, qui crée une agence placée sous autorité présidentielle pour réguler la cybersécurité et la protection des données, et la loi sur la protection des données, qui instaure le "droit à l’oubli" et permet à cette agence d’ordonner la suppression d’informations en ligne. Depuis mars 2022, le pays est sous un régime d’exception, qui supprime des garanties constitutionnelles, prolonge les détentions arbitraires et viole la confidentialité des communications privées. En 2025, la loi sur les agents étrangers a été adoptée, imposant une taxe de 30 % sur les fonds provenant de l'étranger, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la viabilité des médias et des organisations.

Contexte socioculturel

En raison du discours dominant anti-presse, les journalistes sont confrontés à des attaques sur les réseaux sociaux et, dans certains cas, à des menaces contre leur intégrité physique et leur équipement. Des fonctionnaires de haut niveau sont désormais également à l’origine d’attaques et de campagnes de dénigrement. La majorité des journalistes agressés sont des femmes.

Sécurité

Aucun journaliste n’a été assassiné au Salvador depuis 2016, mais Víctor Barahona, détenu de juin 2022 à mai 2023, est devenu le premier professionnel des médias à être emprisonné sous le régime d’exception. Les journalistes font régulièrement face à des menaces et à la saisie de leur matériel. En 2025, ces exactions ont entraîné une recrudescence des départs en exil, allant jusqu’à la délocalisation de rédactions entières vers d’autres pays. Ce phénomène a conduit à la création de l’association journalistique “Intermedios”, qui, dès sa première année d’existence, a rassemblé au moins 12 médias et 50 journalistes salvadoriens indépendants en exil.

Exactions en temps réel au Salvador

Baromètre
Tués depuis le 1er janvier 2026
0 journalistes
0 collaborateurs des médias
0
Détenus à ce jour
0 journalistes
0 collaborateurs des médias
0