Afrique
Seychelles
-
Classement 2026
35/ 180
Score : 73,04
Indicateur politique
34
65,90
Indicateur économique
27
61,52
Indicateur légal
54
70,19
Indicateur social
38
77,32
Indicateur sécuritaire
38
90,28
Classement 2025
45/ 180
Score : 68,56
Indicateur politique
48
59,01
Indicateur économique
39
56,11
Indicateur légal
49
71,01
Indicateur social
58
69,82
Indicateur sécuritaire
60
86,84

Les atteintes à la liberté de la presse sont très rares aux Seychelles. L’environnement est plutôt favorable à l’exercice du journalisme, malgré l’expulsion, en 2025, d’un rédacteur en chef d’un journal critique de nationalité mauricienne. 

Paysage médiatique

Depuis une dizaine d’années, le pluralisme médiatique, la diversité des opinions et la possibilité de s’attaquer aux sujets les plus sensibles se sont développés aux Seychelles. L’archipel compte une dizaine de médias, dont un groupe audiovisuel public (SBC), le plus populaire, qui comprend deux chaînes de télévision, deux stations de radio et l’accès à plusieurs médias internationaux. Lancée en 2017, TéléSesel est la seule chaîne privée du pays, qui compte également deux radios privées, Pure 907 et K-Radio. Plusieurs titres de presse écrite existent, dont le quotidien public Nation et le privé Today in Seychelles.

Contexte politique

Depuis l’instauration du multipartisme en 1993, les réflexes d’autocensure liés à des décennies de régime unique communiste se sont peu à peu dissipés. Les médias publics n'hésitent plus à critiquer le gouvernement ou à s’attaquer à des sujets comme la corruption ou le népotisme. Plusieurs titres de presse restent toutefois directement alignés sur les partis politiques. Cependant, fin 2022, deux journalistes ont été interdits de couvrir la conférence de presse du président de la République, sans raison officielle. 

Cadre légal

 La liberté de la presse est garantie par la Constitution, et la diffamation a été décriminalisée en 2021 - une avancée majeure après l’adoption, trois ans plus tôt, d’une loi d’accès à l’information publique. Le secret des sources est protégé et chaque média dispose de sa propre charte éthique. Depuis 2014, la défense des journalistes et de la liberté de la presse est assurée par l’Association des professionnels médias seychellois (AMPS).

Contexte économique

La réduction considérable du ticket d’entrée pour créer des médias audiovisuels (le prix de la licence radio a été divisé par huit depuis 2012) a permis l’arrivée de nouveaux acteurs privés et brisé le monopole de la radiotélévision publique. La presse écrite, qui souffre d’un manque de rentabilité, doit également payer des coûts d’impression et de distribution élevés dans un archipel qui compte 115 îles, ce qui poussent certains journaux à abandonner progressivement leur version papier pour des versions en ligne. Le quotidien public Nation est le dernier à paraître en kiosque.

Contexte socioculturel

Les Seychelles sont l’un des très rares pays africains qui comptent plus de femmes que d’hommes journalistes. 

Sécurité

Les attaques contre les journalistes sont très rares. Elles s’expriment surtout sur les réseaux sociaux, notamment de la part des militants des partis politiques. Les sanctions visant les médias sont peu fréquentes, mais peuvent s’avérer extrêmement lourdes, comme en a témoigné, en 2020, la condamnation pour diffamation d’un journal à une amende de plus de 23 000 euros pour un article écrit en 2016. En avril 2025, le rédacteur en chef du journal Today in Seychelles, de nationalité mauricienne, qui est également le correspondant de RSF, a été licencié puis expulsé du pays pour avoir publié plusieurs articles jugés critiques des autorités et traité de sujets sensibles. Cependant, en novembre 2025, le service de l’immigration a annulé son statut d’“immigrant interdit”.