- Arabie saoudite
- Médias
- Politique
- Législation
- Economie
- Société
- Sécurité
- Publications
Il n’existe pas de médias libres en Arabie saoudite, et les journalistes saoudiens demeurent sous étroite surveillance, même à l’étranger. Malgré des réformes sociétales, des journalistes sont toujours détenus et les médias existants travaillent sous le contrôle strict de l'État.
Paysage médiatique
Les médias saoudiens ne s'écartent pas de la parole officielle des autorités et l’autocensure, y compris sur les réseaux sociaux, est une constante. Même quand ils sont privés, les médias saoudiens suivent les lignes gouvernementales fixées par la Saudi Press Agency (SPA). La presse se divise en deux tendances d'opinion principales. Les quotidiens Al-Watan et Okaz incarnent le courant dit "libéral", tandis qu'Al-Riyadh, notamment, est l’expression du courant conservateur.
Contexte politique
Pour les médias appartenant à la famille royale, l’autocensure est de mise. Les autres médias, quant à eux, sont tenus de se soumettre quotidiennement au contrôle des censeurs et la couverture de certains sujets est orientée de manière à servir les intérêts de l'État. Les journalistes qui critiquent les choix et les stratégies de la monarchie sont considérés comme des traîtres. Ceux qui préfèrent rester neutres et ne suivent pas la ligne officielle faisant l’éloge du prince-héritier Mohammed ben Salmane (MBS) deviennent de facto suspects.
Cadre légal
Le Code pénal, les lois antiterroristes ou de cybercriminalité permettent d’envoyer derrière les barreaux ou de suspendre les journalistes qui tiendraient des propos critiques (sous les motifs de “blasphème”, “incitation au chaos”, “mise en péril de l’unité nationale” ou “atteinte à l’image et la réputation du roi et de l’État”. Depuis 2018, le gouvernement a encore resserré son étau sur les réseaux sociaux. Des peines injustes allant jusqu'à des dizaines d'années d'emprisonnement ont été prononcées pour des tweets.
Contexte économique
Les médias saoudiens sont, pour la plupart, financés par le royaume ou par des proches du pouvoir. Le groupe MBC dont fait partie Al Arabiya bénéficie d’importants moyens, et son influence dépasse les frontières de l’Arabie saoudite. Beaucoup de journalistes vedettes s’épanouissent dans le journalisme sportif, en particulier à la suite des tentatives d'attirer l'attention sur les sports saoudiens. Leur couverture est populaire, tout comme celle des événements culturels et de divertissement dans le Royaume.
Contexte socioculturel
Les cas de Raïf Badawi et Ali Aboluhom, condamnés pour avoir publié en ligne des propos jugés comme relevant de l’apostasie, sont emblématiques des tensions entre liberté de la presse et respect des préceptes religieux dans le royaume wahhabite. La question des droits des femmes reste également un sujet tabous en raison des coutumes et des traditions qui prévalent encore, et ceux qui tentent de critiquer certaines normes sociales peuvent être arrêtés.
Sécurité
Les journalistes risquent de longues peines de prison, voire la peine de mort. En 2025, les autorités ont exécuté le journaliste Turki al-Jasser, premier reporter à être tué par le royaume depuis l'assassinat extrajudiciaire de Jamal Khashoggi au consulat saoudien en Turquie en 2018. Sur Internet, les acteurs des médias qui critiquent les autorités sont pourchassés et harcelés en ligne par des “brigades électroniques”. Le royaume utilise par ailleurs des techniques d’espionnage avancées pour suivre la trace des journalistes exilés.